Edition Juin 2016



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Voici venu le Temps de l’Innovation par le Numérique et celui d’un soutien hardi à notre Jeunesse, acteur du Numérique

L’innovation est un maître mot de la pensée économique, et constitue l’influe vivifiante de l’économie, et plus particulièrement celle des sociétés évoluées. L’innovation est consubstantielle du progrès qui engendre le développement économique et social. Mais quels sont les normes et critères par lesquels l’on acte la mesure de l’innovation ? Quand peut-on parler véritablement d’innovation ? En visitant les nombreuses définitions données à ce terme, nous avons pu noter diverses classifications de cette terminologie telles que : innovation cumulative, innovation de rupture, innovation transformatrice. Les différents sens que porte le concept attestent de sa richesse, et justifient que de très grands économistes du 20ème siècle lui aient consacré une importante littérature. Aussi, nous faisons nôtre le parti pris de retenir en synthèse 3 niveaux de maturité dans les processus d’innovation, à savoir :

  • l’innovation cumulative ou incrémentale que l’on peut qualifier de modeste, graduelle et qui ne change pas fondamentalement la dynamique d’une industrie, ni le comportement des utilisateurs du procédé (par exemple un détergent nouveau);
  • l’innovation de grande ampleur, qui apporte un changement significatif, susceptible de modifier des comportements, tel que le premier baladeur de musique de Sony;
  • l’innovation transformatrice qui modifie en profondeur l’ordre précédemment établi, et qui est consécutive à un bouleversement technologique de nature à induire un nouveau paradigme économique et sociétal, tel que celui engendré par Henry Ford à travers la production de véhicules à la chaîne et en masse, l’invention de l’internet, etc.

Dans ce dernier registre, le secteur de l’Economie Numérique en donne une illustration à nulle autre pareille. Sans exhaustivité, nous pouvons rappeler les profondes innovations transformatrices produites dans ce secteur, pour l’essentiel au cours des 30 dernières années dont:

  • la télégraphie et les évolutions remarquables des services de télécommunications (2G, 3G, 4G et très bientôt 5G);
  • la radio et la télévision à travers tous ses développements (télé numérique et Vidéo HD etc.); l’internet et les immenses ressources du web;
  • la numérisation des réseaux de télécommunications et des différents services y associés, ainsi que la convergence des services fixes, de mobilité et de l’Audiovisuel.

Aussi pouvons-nous dire, à raison, que le fondement et le ressort de la dynamique de l’économie sont l’Innovation et le Progrès Technique. Les progrès techniques sont au coeur de l’économie et ils apparaissent dans le temps en grappes continues. Ainsi, après une innovation de rupture due au progrès technique ou scientifique tel que les circuits intégrés, l’Informatique, l’Internet, surviennent d’autres innovations nouvelles portées, elles, par les précédentes. C’est bien le cas, s’agissant par exemple du courrier électronique, du Web etc. En définitive, c’est par la fabrication de produits nouveaux, l’adoption de procédés et techniques inédits, l’utilisation de nouvelles matières premières ou l’ouverture de nouveaux débouchés que les structures finissent par changer, et que l’économie se transforme. Et lorsque les vagues successives d’innovations transformatrices finissent par modifier en profondeur l’ordre des choses, voire l’ordre du monde, l’on peut s’autoriser à parler alors de révolution. Pour citer le professeur Klaus Schwab, grand ordonnateur du Forum de Davos, convenons que «nous sommes à l’aube de la 4ème révolution industrielle, celle qui par la magie du numérique réalise la fusion des technologies et qui brouille les frontières entres le monde physique, numérique et biologique». Ainsi se met en oeuvre une redistribution de type capitalistique où l’entrepreneur a une place de choix. En effet, au coeur du système capitaliste, système de production de biens capitaux, se trouve l’Entrepreneur qui est à l’origine des innovations. L’entrepreneur que nous ne confondons pas, loin s’en faut, avec le chef d’entreprise, simple administrateur gestionnaire ou rentier-capitaliste propriétaire des moyens de production. L’entrepreneur étant avant tout, lui, «un aventurier qui n’hésite pas à sortir des sentiers battus, pour innover et entraîner les autres à envisager autrement ce que la raison, la crainte ou l’habitude leur dictent de faire». Ainsi, Henry Ford, qui était auparavant chef d’entreprise, ne devient véritablement entrepreneur que lorsque ses usines commencent la fabrication en chaîne de la Ford T pour lui donner lestatut de bien de consommation courante, grâce à la baisse des prix induite par la nouvelle technique de production de masse qu’il met en oeuvre. Et, c’est véritablement de cette manière que l’économie entre dans une phase de croissance (création de valeur, création d’emplois). L’innovation étant au coeur du développement et du progrès des nations et des peuples, tous, à quelque niveau que nous puissions être, avons le devoir de l’encourager, le devoir d’inciter notre jeunesse à s’engager dans l’Industrie de l’Innovation, industrie désormais largement portée par le numérique. Le numérique étant devenu incontestablement le facteur vivifiant de l’innovation, la sève du progrès économique et sociétal. En cette matière, notre jeunesse nous fait rêver à un avenir de progrès transformateur pour notre Pays. L’innovation à l’échelle d’une économie porteuse d’émergence, celle à nous promise par le Chef de l’Etat, SEM Alassane OUATTRA, exige en ce temps où le numérique est roi, l’adoption de conditions-cadres favorables à l’innovation, telles que de nouvelles normes de formation de la jeunesse, la disponibilité d’un système de financements adapté aux enjeux de l’innovation. Or, notre système éducatif n’est pas encore outillé pour une pleine intégration du numérique au coeur de ses processus, et le système bancaire de nos pays n’est pas non plus, à ce jour, outillé pour le financement de projets dont le retour sur investissement s’établit sur le moyen et long terme. La problématique en résultant s’énonce comme suit : «quelle stratégie gagnante pour accompagner les jeunes pousses de l’Innovation en Côte d’Ivoire ? Comment mettre ces jeunes pousses ou start-up à l’abri des risques inhérents au « time to market» ? ». Les réponses à ces questionnements sont de divers ordres, et sont attendues de toutes les parties prenantes. Sous l’égide du gouvernement de notre Pays, le ministère de l’Economie Numérique et de la Poste apporte sa touche à l’édifice en construction déjà en 2012 par la création de l’Ecole Supérieure Africaine des TIC, et à présent par une approche audacieuse et innovante, à travers la création de la Fondation Associative Jeunesse Numérique. Cette fondation associative est ouverte à tous les acteurs de bonne volonté. Ensemble accompagnons nos jeunes entrepreneurs qui entendent prendre une part active au processus engagé pour l’Emergence de notre Pays, la Côte d’Ivoire.

 

EDITORIAL
André A. APETE, Directeur de Cabinet du Ministère de l’Economie Numérique et de la Poste

JOURNEE MONDIALE DES TELECOMMUNICATIONS
Déclaration du Ministre de l’Economie Numérique et de la Poste

ACTUALITE DU MINISTERE
Soutien à l’Innovation Jeunesse Numérique

TECHNOLOGIES ET USAGES
Importance et enjeux de l’Internet des Objets pour le développement de l’Economie Numérique en Afrique

ENJEU
La Côte d’Ivoire, candidate pour l’organisation du congrès mondial de l’UPU en 2020