Coupures d’électricité et politique de maillage du réseau national : réalité et enjeux
Jeudi 21 Mai 2026
Coupures d’électricité et politique de maillage du réseau national : réalité et enjeux
Il y a quelques mois, les coupures d’électricité ont suscité de nombreuses réactions au sein des ménages ivoiriens, alimentant débats et interrogations. Ces perturbations ont affecté la régularité de la distribution de l’énergie électrique sur plusieurs portions du territoire national. Même si la situation tend aujourd’hui à se stabiliser progressivement grâce aux efforts engagés par le Gouvernement, cette période a mis en évidence les défis liés à la modernisation et à l’extension du réseau électrique national.
L’électricité constitue en effet un levier essentiel du développement économique et social. Son accessibilité et sa stabilité demeurent indispensables à la modernisation du pays, au fonctionnement des activités économiques ainsi qu’à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Face à cette situation, le ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement, Amadou Coulibaly, avait apporté des éclairages lors d’un point de presse à l’issue d’un Conseil des ministres. Il avait expliqué que les perturbations observées n’étaient pas liées à un déficit de production énergétique, mais plutôt à une forte sollicitation des infrastructures de transport et de distribution de l’électricité, accentuée par les fortes chaleurs enregistrées en Côte d’Ivoire.
Le ministre avait également rassuré l’opinion publique sur le caractère conjoncturel de ces difficultés, tout en annonçant des mesures destinées à renforcer et moderniser les infrastructures électriques. Depuis lors, plusieurs actions ont été engagées afin d’améliorer la résilience du réseau national.
Cette situation permet également de mesurer l’ampleur des progrès réalisés par la Côte d’Ivoire dans le domaine de l’électrification. En 2011, le taux de couverture nationale en électricité était estimé à 33 %. Sous l’impulsion du Président de la République, Alassane Ouattara, l’électrification du territoire est devenue une priorité stratégique.
Entre 2011 et 2023, le taux de couverture nationale est ainsi passé à 88 %, avec l’ambition d’atteindre à terme une couverture universelle. Cette politique de maillage territorial vise à rendre l’électricité accessible à toutes les populations, y compris dans les localités les plus reculées du pays.
Cette extension rapide du réseau a nécessité d’importants investissements et entraîné une forte sollicitation des équipements de distribution et de transport de l’énergie.
Renforcement des infrastructures, une priorité gouvernementale
Les épisodes de fortes chaleurs observés ces derniers mois, conjugués à une demande croissante des ménages et des unités industrielles, ont davantage accentué la pression sur les infrastructures.
Toutefois, cette situation a également permis d’identifier les priorités techniques et d’accélérer certaines réformes nécessaires à la modernisation du système électrique national. Dans ce contexte, les ajustements opérés dans la distribution de l’électricité ont été présentés par les autorités comme des mesures temporaires destinées à préserver l’équilibre du réseau et à garantir un accès minimal au plus grand nombre, en attendant le renforcement des infrastructures.
La politique nationale d’électrification poursuit ainsi sa progression, notamment dans les zones rurales qui bénéficient progressivement des mêmes opportunités d’accès à l’énergie que les centres urbains. Malgré les difficultés enregistrées, l’électricité continue d’être déployée sur l’ensemble du territoire national.
Lors des « Rendez-vous du Gouvernement » en 2024, le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, avait présenté plusieurs indicateurs illustrant les progrès accomplis dans le secteur.
Le temps moyen annuel de coupure, qui était de 47 heures en 2011, est ainsi passé à 29 heures en 2023. Avec un coût moyen de 87 FCFA le kilowattheure, la Côte d’Ivoire dispose également de l’un des tarifs les plus compétitifs de l’UEMOA.
Le nombre de localités électrifiées est passé de 2 851 à 7 508 entre 2011 et 2023. Dans le même temps, le taux d’accès à l’électricité est passé de 74 % à 97 %, tandis que le nombre d’abonnés a progressé de 1,1 million à plus de 4 millions. Quant à la capacité de production, elle est passée de 1 391 MW à 2 907 MW.
Ces résultats traduisent les efforts consentis par l’État pour renforcer durablement le système électrique national et accompagner la croissance économique du pays.
Les perturbations enregistrées ces derniers mois ont certes suscité l’incompréhension et le mécontentement des populations, mais elles interviennent dans un contexte d’extension massive du réseau électrique à travers le pays. L’enjeu demeure désormais de consolider les infrastructures existantes afin de garantir une distribution plus stable et plus performante de l’électricité.
Dans cette perspective, Amadou Coulibaly se veut rassurant : « chaque période de forte chaleur exerce une pression considérable sur les équipements de distribution, d’où la nécessité d’un vaste programme de renouvellement des infrastructures électriques actuellement mis en œuvre par le Ministère en charge de l’Énergie ».
À terme, les autorités entendent consolider un réseau électrique moderne, performant et capable d’accompagner durablement le développement économique et social de la Côte d’Ivoire.
DIRCOM_MICOM /BM