2e édition de l'AITEK Innovation Summit 2026
Lundi 05 Octobre 2026
le Ministre Amadou Coulibaly appelle à transformer l'IA en levier d'impact
« De l'intelligence artificielle à l'impact ». C'est autour de cette thématique que s'est ouverte, ce vendredi à Abidjan-Marcory, la deuxième édition de l'AITEK Innovation Summit 2026. La rencontre réunit des acteurs institutionnels, diplomatiques, économiques et technologiques autour d'une question désormais centrale pour les économies africaines : Comment transformer la révolution de l'intelligence artificielle en opportunités concrètes de développement, d'innovation et de création de valeur ?
Représentant le Ministre de la Transition numérique et de l'Innovation technologique, M. Djibril Ouattara, le Ministre de la Communication et Porte-parole du Gouvernement, M. Amadou Coulibaly, a ouvert cette 2e édition en appelant à franchir une nouvelle étape : celle du passage de la technologie à l'impact. « L'intelligence artificielle n'est plus une promesse », a-t-il affirmé. « Elle est déjà présente dans les administrations, les entreprises et les usages quotidiens. Dès lors, la question n'est donc plus de savoir si elle transformera nos organisations. Elle est de savoir qui en fixera les règles, en maîtrisera les infrastructures et qui en tirera le plus de valeur ».
Pour M. Coulibaly, cette question est indissociable de celle de la souveraineté numérique. « La souveraineté numérique ne se décrète pas, elle se construit dans la durée, par des projets et des compétences qualifiées », a-t-il déclaré. Dans son propos, le Ministre de la Communication a identifié trois exigences majeures : la maîtrise des données, la sécurité et les compétences. Sur les données, il a appelé à préserver la capacité des États à décider de leur traitement, de leur accès et de leur utilisation.
En ce qui concerne la cybersécurité, il a insisté sur la nécessité de renforcer les dispositifs de protection face à des menaces elles-mêmes amplifiées par l'intelligence artificielle. Il invité à considérer la cybersécurité, « non comme une simple dépense, mais comme un impératif de sûreté ». Le Ministre a également appelé à valoriser davantage les compétences locales, invitant les donneurs d'ordres publics et privés à intégrer les entreprises, start-ups, ingénieurs, intégrateurs et éditeurs ivoiriens dans leurs projets.
Abordant la question de la jeunesse, il a fait remarquer que cette frange de la population y est déjà de plain-pied. « Ils ne nous ont pas attendus », a-t-il révélant que les jeunes Ivoiriens expérimentent déjà l'intelligence artificielle, entreprennent et développent de nouveaux usages. Pour lui, cette appropriation doit déboucher sur des perspectives économiques concrètes. « Le vrai risque serait qu'ils la maîtrisent, mais qu'ils doivent aller chercher ailleurs pour trouver les emplois », a-t-il averti.
Dans la perspective de permettre à l'Afrique de renforcer ses compétences, ses infrastructures et ses capacités de coopération, Amadou Coulibaly a souhaité que les travaux de l'AITEK Innovation Summit débouchent sur des résultats tangibles. « Les échanges doivent être exigeants, francs, qu'ils ne s'arrêtent pas au constat, mais qu'ils débouchent sur des propositions concrètes », a-t-il déclaré.
Prenant la parole, Dr Redda Ben Geloune, Président-Directeur général de l'AITEK, a rappelé l'ambition qui sous-tend cette initiative et la nécessité pour l'Afrique de prendre toute sa place dans la révolution technologique en cours. Pour lui, le continent doit désormais passer d'une posture d'observation à une véritable dynamique d'action. « L'intelligence artificielle est une opportunité historique pour l'Afrique », a-t-il notamment souligné, appelant à faire de l'innovation un véritable moteur de transformation des économies africaines. À travers l'AITEK Innovation Summit, son ambition est également de créer un espace où décideurs, entreprises, investisseurs et innovateurs peuvent se rencontrer, partager leurs expériences et surtout faire émerger des solutions concrètes.
Cette nécessité de construire des passerelles entre les écosystèmes africains a également été au cœur de l'intervention de S.E.M. Othmane El Ferdaous, Ambassadeur du Royaume du Maroc en Côte d'Ivoire. Le diplomate a insisté sur l'importance de la coopération et des partenariats pour permettre aux pays africains de mieux tirer parti des mutations technologiques. « L'intelligence artificielle ne doit pas être seulement une technologie que nous consommons, mais une technologie que nous maîtrisons et que nous mettons au service de nos économies », a-t-il déclaré, mettant en avant la nécessité de renforcer les capacités, les échanges d'expertise et les collaborations entre les différents écosystèmes. Il a mis en lumière les opportunités offertes par la coopération entre la Côte d'Ivoire et le Maroc dans les domaines du numérique et de l'innovation.
En marge de la cérémonie d'ouverture, un panel de haut niveau consacré aux grands enjeux de l'intelligence artificielle a été organisé. Celui-ci a réuni des personnalités et des experts venus partager leurs analyses, leurs expériences et leurs perspectives sur l'avenir de cette technologie et son impact sur les économies et les sociétés africaines.
DIRCOM_MICOM/AD