Attributions des membres du Gouvernement Mambé II : vision stratégique et impacts sur l’action publique
Dimanche 03 Mai 2026
Attributions des membres du Gouvernement Mambé II : vision stratégique et impacts sur l’action publique
Au début du mois de mars 2026, le Président de la République a procédé à la signature d’un décret déterminant précisant les attributions dévolues aux trente-quatre membres du Gouvernement dit Mambé II. Cette décision intervient près de trois mois après la formation de l’équipe gouvernementale, le 23 janvier 2026. Elle s’inscrit dans une volonté manifeste de clarification institutionnelle et d’optimisation de l’action publique. Au-delà d’un simple ajustement administratif, elle traduit une orientation stratégique visant à renforcer l’efficacité, la cohérence et la lisibilité de l’action gouvernementale, avec pour objectif d’impacter positivement et durablement le quotidien des populations.
Une réorganisation stratégique de l’Exécutif pour plus d’efficacité
Par cette réorganisation, le Chef de l’État, également chef de l’Exécutif dans la tradition institutionnelle ivoirienne, a redéfini les missions et responsabilités du Premier ministre, de son adjoint nouvellement institué, ainsi que de l’ensemble des ministres. Cette dynamique s’inscrit dans une logique de gouvernance modernisée, adaptée aux exigences contemporaines de performance et de redevabilité.
Depuis le 4 mars 2026, chaque membre du gouvernement dispose d’une feuille de route claire et d’une connaissance précise de l’étendue de ses prérogatives. Le délai observé, d’environ trois mois, témoigne de l’importance accordée à une répartition rigoureuse des compétences. L’une des innovations majeures de cette architecture gouvernementale réside dans la création, pour la première fois depuis l’accession du pays à l’indépendance, de la fonction de Vice-Premier ministre. Ce poste stratégique a été confié à Téné Birahima Ouattara, qui cumule désormais cette responsabilité avec celle de ministre de la Défense.
Dans l’ordonnancement hiérarchique, le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, demeure la figure centrale de la conduite de la politique nationale. À ce titre, il assure l’animation, l’impulsion et la coordination de l’action gouvernementale. Il exerce son autorité sur l’ensemble des membres du gouvernement, ainsi que sur les ministres-gouverneurs des districts autonomes d’Abidjan et de Yamoussoukro. Par ailleurs, dans une logique de performance, il est appelé à poursuivre l’évaluation périodique de ses collaborateurs, afin de stimuler leur engagement et d’améliorer durablement les conditions de vie des populations ivoiriennes.
Le Vice-Premier ministre, quant à lui, occupe une place de premier plan dans le dispositif exécutif. Chargé d’assister le Premier ministre dans l’exercice de ses fonctions, il est également habilité à assurer son intérim en cas d’absence ou d’empêchement. Le décret présidentiel lui confère des prérogatives à la fois opérationnelles, stratégiques et institutionnelles. À ce titre, il peut recevoir délégation pour présider le Conseil de gouvernement, ce qui témoigne du degré élevé de confiance placé en lui par le président de la République.
Dans le domaine spécifique de la Défense, ses responsabilités apparaissent particulièrement étendues. En coordination avec les départements ministériels concernés, il est chargé de la préservation de l’intégrité territoriale. Il lui revient également de conduire la restructuration des Forces de défense, dans la perspective de bâtir une armée pleinement attachée aux valeurs républicaines. À cela, s’ajoutent la mise en œuvre de la politique militaire ainsi que la traduction opérationnelle des orientations stratégiques en matière de défense nationale.
Le Vice-Premier ministre assure en outre la gestion de l’ensemble des forces armées (terrestres, aériennes et navales), ainsi que de la Gendarmerie nationale. Toutefois, cette extension de ses compétences ne saurait être interprétée comme une remise en cause des prérogatives du Premier ministre ; elle vise plutôt à renforcer la capacité d’action de l’Exécutif dans un contexte de complexification des enjeux sécuritaires et institutionnels.
Dans un souci de meilleure coordination gouvernementale, certains ministères stratégiques ont été répartis entre le Premier ministre et son adjoint, chacun se voyant attribuer des responsabilités spécifiques. Cette organisation constitue l’une des caractéristiques distinctives du Gouvernement Mambé II. Elle met en exergue l’importance accordée aux secteurs structurants de l’économie nationale, notamment les infrastructures de transport. Ainsi, les domaines relatifs aux ports, aux aéroports, au métro, ainsi qu’aux infrastructures maritimes, ferroviaires, lagunaires et routières, relèvent du ministre des Infrastructures et de l’Entretien routier, Hien Sié. Une telle orientation s’inscrit dans la perspective de la mise en œuvre du Plan national de développement (PND).
Au-delà du Premier ministre et de son adjoint, chaque membre du gouvernement s’est vu assigner une feuille de route précise. À cet égard, le ministre Hien Sié figure parmi ceux dont les attributions ont été élargies à des secteurs stratégiques de l’économie. L’enjeu de cette structuration repose sur la concrétisation de la vision ambitieuse d’une « Grande Côte d’Ivoire », portée par le Président de la République. Cette ambition, projetée à l’horizon 2026-2030, prolonge la dynamique enclenchée depuis 2021 autour du concept de « Côte d’Ivoire solidaire ». Elle s’articule autour de plusieurs axes fondamentaux : la transformation structurelle de l’économie, la transition numérique, le développement durable, ainsi que le renforcement de la stabilité politique, avec une attention particulière accordée à la jeunesse et à la transmission intergénérationnelle.
Une action publique orientée vers des résultats durables
Dans cette perspective, le Gouvernement Mambé II a la responsabilité d’accélérer la mise en œuvre du PND 2026-2030, véritable boussole de l’action publique. Sous l’autorité du Premier ministre, Robert Beugré Mambé, l’action gouvernementale devra s’organiser autour de six piliers essentiels : la consolidation de la sécurité et de la stabilité, la modernisation de l’agriculture, la promotion de l’investissement privé, le développement du capital humain, le renforcement des infrastructures stratégiques, ainsi que la promotion de la bonne gouvernance.
De manière concrète, le PND 2026-2030 se décline en une matrice d’actions couvrant vingt-deux domaines prioritaires, accompagnée de projets structurants et d’un dispositif rigoureux de suivi-évaluation. Ce mécanisme vise à garantir à la fois l’efficacité et la transparence dans la mise en œuvre des politiques publiques. La précision des attributions ministérielles ne se traduit pas par un cloisonnement des responsabilités, mais favorise au contraire une synergie d’ensemble, orchestrée par le Premier ministre et soutenue par le vice-Premier ministre.
Les objectifs poursuivis sont à la fois ambitieux et clairement identifiés : réduire le taux de pauvreté en dessous de 20 % d’ici 2030, porter le revenu moyen par habitant à 4 000 dollars, accroître le taux d’investissement à 34,5 % du produit intérieur brut et maintenir une croissance économique moyenne de 7,2 % sur la période.
En définitive, l’impact attendu de cette réorganisation de l’action publique se mesure à l’aune de ses retombées sociales, en particulier pour la jeunesse, qui représente près de 70 % de la population. Il s’agit, à travers la création d’emplois et le développement de compétences adaptées aux exigences du marché du travail, d’offrir des perspectives concrètes et durables, condition essentielle de la stabilité et de la prospérité futures de la nation ivoirienne.
DIRCOM_MICOM / TBO